Investissements

Tarif de rachat photovoltaïque agricole : la chute du 1er juin

Le tarif de rachat du surplus photovoltaïque agricole chute à 1,1 c€/kWh avec la suppression de la prime à l'autoconsommation pour les nouvelles demandes.

L'essentiel

Voici ce qui change sur le tarif de rachat photovoltaïque agricole pour un projet déposé depuis le 4 juin 2026 :

  • Le tarif de rachat photovoltaïque agricole du surplus tombe à 1,1 c€/kWh HT, indexé de 2 % par an
  • La prime à l'autoconsommation disparaît, sans exception de puissance ni palier transitoire
  • Les dossiers complets déposés avant le 4 juin 2026 gardent l'ancien tarif et la prime pendant vingt ans
  • Le guichet ouvert s'arrête aussi pour les projets de 100 à 500 kWc, qui basculent vers l'appel d'offres
Un arrêté qui divise par quatre le tarif du surplus

L'arrêté du 1er juin 2026, dit arrêté S21, modifie en profondeur les conditions de soutien aux installations photovoltaïques agricoles inférieures à 500 kWc. Avant son entrée en vigueur, le tarif de rachat photovoltaïque agricole du surplus se situait encore entre 4 et 5 centimes d'euro par kilowattheure, selon les relevés de la presse agricole. Le nouveau texte le fixe à 1,1 centime d'euro par kilowattheure hors taxes, avec une indexation annuelle de 2 %, un niveau qui ne couvre plus qu'une fraction résiduelle de la valeur de l'électricité injectée sur le réseau de distribution. Le tarif s'applique à toute demande de raccordement déposée à compter du 4 juin 2026, la date étant fixée par le texte lui-même et non par la date de mise en service de l'installation. Cette baisse fait écho à celle déjà observée sur le tarif de rachat du biométhane pour les exploitants, un autre signal que les tarifs de rachat garantis reculent sur plusieurs filières agricoles à la fois, et non sur la seule filière photovoltaïque.

La prime à l'autoconsommation disparaît sans palier

La réforme ne touche pas seulement le tarif du surplus : elle supprime aussi la prime à l'autoconsommation qui accompagnait jusque-là l'installation, quel que soit le niveau de puissance concerné. Cette prime représentait encore environ 80 €/kWc au premier trimestre 2026 pour les installations jusqu'à 9 kWc, selon les données recensées par Solarock. Contrairement à d'autres évolutions tarifaires passées, aucun palier dégressif n'accompagne cette suppression pour les nouvelles demandes : la prime existe pour un dossier déposé le 3 juin 2026, elle n'existe plus pour un dossier déposé le 5 juin 2026. Cette suppression pèse directement sur le plan de financement d'un projet dimensionné avec surplus vendu, puisqu'elle retirait jusqu'ici une part significative du revenu attendu sur les premières années du contrat, au moment où la trésorerie de l'exploitation supporte déjà le remboursement de l'emprunt initial. Un plan de financement bâti avant le 4 juin 2026 sur l'hypothèse d'une prime encore versée doit donc être recalculé avant toute signature définitive avec la banque ou le fournisseur de matériel, sous peine de découvrir l'écart une fois l'installation déjà en service et l'emprunt engagé sur plusieurs années.

Un régime transitoire pour les dossiers déjà déposés

Les exploitations qui avaient déposé un dossier complet de raccordement avant le 4 juin 2026 ne sont pas concernées par la baisse : elles conservent l'ancien tarif de rachat et la prime à l'autoconsommation pour toute la durée du contrat d'obligation d'achat, soit vingt ans. C'est ce régime transitoire qui distingue un projet qui a simplement été annoncé d'un projet dont le dossier de raccordement était réellement complet à la date charnière. Pour une exploitation qui a engagé les démarches sans avoir de confirmation écrite de la complétude du dossier auprès du gestionnaire de réseau, la prudence commande de vérifier ce point précis avant d'annoncer un plan de financement à un tiers-investisseur ou à une banque. Une simple demande de raccordement déposée mais incomplète à la date du 4 juin 2026 ne suffit pas à ouvrir droit au régime antérieur, seul le dossier complet fait foi de la date à retenir, ce que confirme d'ailleurs le gestionnaire de réseau lorsqu'il notifie l'accusé de réception du dossier.

Autoconsommation collective et tiers-investissement, les pistes qui restent

Face à un tarif de rachat qui ne couvre plus l'essentiel de l'investissement, la réforme pousse mécaniquement vers deux montages qui ne dépendent pas du tarif de rachat photovoltaïque agricole : l'autoconsommation collective, qui permet de partager la production entre plusieurs bâtiments d'une même exploitation ou avec une exploitation voisine, et le tiers-investissement, où un investisseur finance et exploite l'installation en échange d'un loyer versé à l'exploitant pour la mise à disposition de la toiture. Aucun de ces deux montages ne dispense d'une étude de productible et d'une analyse des courbes de consommation du site : c'est ce diagnostic, et non une fourchette de rentabilité générique, qui permet de choisir entre les deux options pour un bâtiment donné. Le choix entre les deux dépend aussi de la capacité de l'exploitant à porter lui-même l'investissement initial ou à préférer un loyer garanti sans mobiliser sa trésorerie, et de la disponibilité d'un tiers-investisseur prêt à s'engager sur la durée du bail.