Agrivoltaïsme en Pays de Serres : TSE abandonne sa grappe
TSE renonce à son projet de grappe agrivoltaïque en Pays de Serres : onze zones, un poste source à Roquecor et plus de 213 hectares de panneaux restent sans suite.
Onze zones, six communes, un poste source à créer
Le courrier est daté du 1er octobre 2026 et La Dépêche l'a révélé le 7 octobre. Adressé à plusieurs communes du Pays de Serres, il tient en une phrase utile : la société toulousaine renonce. Sur le papier, l'ensemble représentait 213,35 ha de panneaux, selon le dossier déposé auprès de l'autorité environnementale. Dix sites se trouvaient en grandes cultures, un en pâturage bovin, et neuf étaient irrigués. Le tout devait être raccordé par un ouvrage que le porteur comptait bâtir lui-même, sur environ 1 ha, à proximité d'une ligne de 225 000 volts.
| Commune | Département | Emplacements listés |
|---|---|---|
| Roquecor | Tarn-et-Garonne | 3, dont le poste source |
| Saint-Beauzeil | Tarn-et-Garonne | 3 |
| Valeilles | Tarn-et-Garonne | 2 |
| Lacour | Tarn-et-Garonne | 1 |
| Montaigu-de-Quercy | Tarn-et-Garonne | 1 |
| Beauville | Lot-et-Garonne | 2 |
Une grappe répond d'abord à un problème de raccordement
Le décompte de La Dépêche additionne douze emplacements : les onze zones de production du dossier, dont neuf en Tarn-et-Garonne et deux en Lot-et-Garonne selon l'avis de l'autorité environnementale, plus le poste source. Une grappe regroupe assez de projets dans un périmètre restreint, ici dix kilomètres de diamètre, pour justifier un poste bien placé. Elle répond aux secteurs où le réseau n'a plus de capacité d'accueil. Le poste de Roquecor devait se raccorder en piquage à une ligne de très haute tension de 225 000 volts, avec des batteries équivalentes à six heures de production et le déplacement d'un pylône par RTE. L'autorité environnementale a jugé les informations sur ce poste « succinctes ». Or le poste ne vaut que si les zones se font, et inversement.
Des riverains mobilisés, un retrait sans explication
Le dossier décrivait des parcelles à faible potentiel agronomique, sensibles à la sécheresse estivale. Les cultures en place, maïs compris, devaient continuer sous les panneaux, avec pour objectif d'établir un mode de production plus résilient aux évolutions climatiques. L'argument agricole n'a pas désarmé l'opposition. L'association Roquecor Environnement Juste dénonçait une « industrialisation énergétique croissante du territoire » et s'inquiétait pour les paysages, les terres agricoles et l'économie locale. La grappe de TSE venait s'ajouter à d'autres projets du même secteur, portés notamment par la société REDEN Solar. Un parc de cette société, à Saint-Loup en Tarn-et-Garonne, est d'ailleurs en enquête publique jusqu'au 6 novembre. Le territoire reste donc sous pression, même sans TSE. TSE n'a rien expliqué. La Dépêche l'a jointe le 7 octobre au matin et n'avait pas de réponse à la parution. Le quotidien avance trois pistes, sans en confirmer aucune : les tensions locales, les avis négatifs des municipalités, ou une rentabilité dégradée par des décisions récentes des pouvoirs publics. Une chose est établie : l'instruction était en cours. L'autorité environnementale avait reçu l'ensemble des pièces du dossier le 8 juillet 2026, moins de trois mois avant le courrier de retrait. Pour un propriétaire approché par un développeur, l'épisode a une portée contractuelle. Un bail signé avant l'obtention du raccordement engage le bailleur sans garantir la réalisation. Le terrain est aussi juridiquement mouvant : la justice a déjà confirmé un refus de parc agrivoltaïque en Mayenne. Avant de signer, demandez au développeur où en est sa demande de raccordement.
