Investissements

Appel d'offres photovoltaïque agricole : 75,48 €/MWh en moyenne

Appel d'offres photovoltaïque de la CRE sur 100 à 500 kWc : le prix moyen des lauréats tombe à 75,48 €/MWh, et les stabulations restent largement écartées.

L'essentiel

  • Prix moyen des lauréats : 75,48 €/MWh, contre 88,73 €/MWh au premier appel d'offres
  • 2 952 dossiers déposés, dont 2 079 sur bâtiment
  • 62 stabulations retenues sur 428 candidates
  • 2 projets agrivoltaïques écartés dans la catégorie ombrières
  • Délibération de la CRE datée du 30 septembre 2026

Plus de 13 €/MWh perdus en un seul tour

Les lauréats du deuxième appel d'offres de la CRE sur le segment de plus de 100 et moins de 500 kWc ont proposé en moyenne 75,48 €/MWh. Le premier tour s'était conclu à 88,73 €/MWh. La Commission de régulation de l'énergie l'a acté dans sa délibération du 30 septembre 2026. Elle attribue ce recul à l'intensification de la concurrence. Pour un exploitant qui projette une toiture de hangar, de stabulation ou de bâtiment de stockage dans cette tranche de puissance, c'est désormais le niveau de prix face auquel son dossier sera classé. L'appel d'offres ne fonctionne pas comme un tarif d'achat. Chaque candidat propose le prix auquel il accepte de vendre son électricité, et ce prix devient le sien s'il est retenu. Le chiffre de la session précédente ne vaut donc plus repère pour bâtir une offre. Ce recul s'ajoute aux secousses de l'année. Le 1er juin, la chute du tarif de rachat du surplus photovoltaïque agricole avait déjà réduit l'intérêt de la vente partielle. Plus bas, le segment 9 à 100 kWc a basculé vers l'appel d'offres Petit PV. Partout, le prix devient un résultat de candidature.

Combien de projets sur bâtiment ont été retenus ?

Le bâtiment concentre l'essentiel de la demande, avec 2 079 des 2 952 candidatures. Selon Entraid, les constructions neuves fournissent le plus gros contingent de lauréats, loin devant les bâtiments existants. La rénovation de toiture semble peser : les bâtiments existants qui la prévoient sont plus de deux fois plus nombreux parmi les lauréats que ceux qui s'en passent. Le nombre de candidatures par type n'est publié que pour deux catégories, ce qui interdit de calculer un taux de réussite pour les autres. Un porteur de projet sur bâtiment neuf ne peut donc pas en déduire ses chances. Il sait seulement que sa catégorie fournit le plus de lauréats, et que la concurrence y est aussi la plus nombreuse.

Type de bâtimentProjets retenusCandidatures
Bâtiments neufs338non publié
Existants avec réfection de toiture166non publié
Existants sans réfection de toiture73non publié
Stabulations62428
Serres15

Les stabulations sont le chiffre qui accroche. À peine 15 % des dossiers déposés sur des bâtiments d'élevage ont passé la sélection. Ces toitures forment pourtant le gisement le plus visible des exploitations bovines. La source ne donne pas les motifs de ce taux. Rien ne permet de dire si les offres étaient trop chères, les dossiers incomplets ou les charpentes inadaptées. Un éleveur écarté a une question précise à poser à son développeur : quel prix a été proposé, et à quelle distance des 75,48 €/MWh de moyenne se situait-il ? C'est cette donnée, et non le taux global, qui dira si une nouvelle candidature a des chances d'aboutir au tour suivant.

Au sol, 28 % de projets retenus

Hors bâtiment, 28 % des projets au sol ont été retenus. Dans la catégorie des ombrières, les deux candidatures agrivoltaïques ont été rejetées. Deux dossiers ne font pas une tendance. Ils montrent seulement que le couplage avec une production agricole n'a pas suffi, sur cette session, à faire passer un projet d'ombrière. Les moyennes pondérées publiées par catégorie (82,03 €/MWh pour les ombrières, 81,60 €/MWh pour le sol et 81,32 €/MWh pour le bâtiment) restent supérieures à la moyenne générale des lauréats, sans que la source explique comment les deux séries se raccordent. Avant de s'en servir pour caler une offre, mieux vaut obtenir la délibération de la CRE elle-même.

L'autoconsommation tire les offres vers le bas

Les projets qui intègrent une autoconsommation individuelle ou collective proposent des prix plus bas que ceux qui vendent toute leur production. Cet écart favorise leur sélection. Pour une exploitation aux besoins électriques réguliers, comme un bloc de traite, un séchoir ou une chambre froide, la part consommée sur place se décide donc avant de fixer le prix de l'offre. Elle pèse directement sur le classement. Une autoconsommation collective, partagée avec des voisins ou une commune, ouvre la même porte à un exploitant dont la consommation propre est faible. Le calendrier du prochain tour n'est pas mentionné. D'ici là, un exploitant qui veut candidater a intérêt à disposer de ses relevés de consommation sur une année pleine : c'est la seule base solide pour dimensionner la part autoconsommée et chiffrer l'offre en conséquence.

Sources : Entraid